Sur les chemins de randonnées à la quête des mythes et des légendes

La Haute-Loire regorge de mythes et de légendes. Pour s’immerger dans leurs ambiances, voici une sélection de cinq randonnées qui permet de vivre des expériences qui vont au-delà de la beauté des paysages… Aux frontières du réel.

Sur les traces du trésor enfoui du château du Mézenc

   
Sur les hauts plateaux du Mézenc où sévit la fameuse burle, on raconte que serait caché un trésor sous une des trois Dents du Diable, dans une crypte druidique : il s’agirait de l’or des Rois du Velay… Le journaliste Jean-Paul Bourre, Indiana Jones des années 80, assure qu’il prendrait la forme d’une immense table d’or qui serait en réalité le Graal…

Comme le trésor est-il arrivé au Mézenc ?

La légende séculaire rapporte qu’il aurait été ramené par des vellaves depuis le sanctuaire de Delphes en Grèce, puis confié aux druides du Mézenc. Alors que les légions romaines envahissaient la Gaule, les druides du Mézenc apprirent que César avait franchi la montagne et pris d’assaut le Camp d’Antoune. Le trésor des Rois du Velay ont mis le trésor à l’abri dans le souterrain de leur château…

Un trésor sous la protection des druides

Un souterrain creusé au flanc de la montagne et débouchant d’un côté dans les caves du Chastelas, de l’autre dans le fort des Chazeaux, au Tombarel, donnait accès à la crypte mystérieuse qui leur servait d’abri. Les druides s’empressèrent alors de murer l’entrée de la roche du Chastelas. Mais il était déjà trop tard. Les druides aperçurent tout le bourg des Chazeaux en flammes, ainsi que les villages alentour. Désespérés, ils invoquèrent le ciel. C’est alors que les fées leur annoncèrent que, par chance, l’entrée du château avait été obstruée lors de l’écroulement du fort…

Des lieux bien réels

Des fouilles archéologiques ont effectivement permis de découvrir les vestiges d’un château. Le Chastelas est connu pour être l’une des trois Dents du Diable sur les pentes de l’Alambre et du Mézenc, sur la commune de Chaudeyrolles. Le Tombarel est un ancien hameau aujourd’hui en ruine, dans la vallée de la Veyradeyre au sud des Estables. Quant au Toupernas, il s’agit du suc du Taupernas intégré aujourd’hui à la commune ardéchoise du Béage.

Le souterrain du Mézenc, mythe ou réalité ?

Reste en suspens l’existence de tunnels souterrains sous le Mézenc… Mythe ou réalité ? Nombreux s’y sont cassé les dents. La chasse au trésor grandeur nature reste donc ouverte. Première étape avec Béatrice de l’Echappée Belle qui propose une randonnée sur les « Dents du Diable » pour mieux comprendre leurs mystères…

 

Randonner au Grand Felletin en quête des 3 soleils

Aux confins de la Haute-Loire et de l’Ardèche, trône le Grand Felletin à 1 387 mètres d’altitude. Une vue saisissante sur les monts du Pilat, le parc de la Vanoise et le massif des Écrins.

Aux solstices d’hiver et d’été, trois soleils s’élèvent sur l’horizon

La légende prétend qu’à l’aube des solstices d’hiver et d’été, trois soleils distincts s’élèvent pour régner sur les Alpes avant de se confondre au Zénith. Ce phénomène a depuis été expliqué par les scientifiques : il s’agit de la réfraction du soleil sur les glaciers du Mont Blanc.

Un spectacle grandiose pour les lèves-tôt

Encore aujourd’hui aux solstices, il règne à l’aube une tension exaltée auprès de la table d’orientation du Felletin. Au moment où les premiers rayons font leur apparition, on n’entend plus que les cliquetis des appareils photos. Les yeux humides de s’être levés si tôt espèrent en chœur voir ce spectacle privilégié. Le moment est de toute façon magique, tant la vue déjà grandiose est magnifiée par les lueurs matinales.
PR 093 : 20,9 km au départ de Saint-Julien-Molhesabate. Pour l’expédition 3 soleils, il faut privilégier un départ plus proche (comme celui du col de la Charousse) afin d’arriver avant le lever prévu à 5 h 49 l’été ! Autre solution ? Dormir sur place…

 

Oser traverser le pont du Diable de la vallée de l’Ance


Sous le magnifique village de Chalencon aux pierres claires se fond l’illustre Pont du Diable qui enjambe la vallée escarpée de l’Ance. La légende raconte que les crues incessantes empêchaient de construire ce pont, pourtant tant attendu. Amusé par ce manège, le Diable proposa son aide à condition que la première âme qui franchirait le pont lui appartiendrait. Épuisé par les nombreux échecs, le seigneur accepta…

Un pont en échange d’un sacrifice

Une fois le pont construit, tous les habitants de la région s’étaient donnés rendez-vous pour admirer le sacrifice du seigneur qui s’avançait doucement vers le pont sous le regard souriant du Diable. C’est alors que son chien le doubla. Furieux, Satan dû prendre l’animal et fit tomber une grosse pierre du parapet avant de disparaître. A chaque fois qu’on tentait de replacer cette pierre, on la retrouvait le lendemain dans la rivière. Il paraît qu’on peut encore y observer l’empreinte du visage du diable, exaspéré…

PR 666 (le chiffre du diable !) : 5,5 km au départ de Saint-André-de-Chalencon

 

A la découverte de la mystérieuse roche druidique de Crouzilhac

Dans la forêt de Crouzilhac, au nord de Tence, souffle encore un vent celtique. En bordure du bois, une importante roche assoit cette présence ancienne. A son sommet, elle est marquée de cupules. Des entailles circulaires qui auraient servi à des sacrifices pratiqués par les druides. Ils étaient dépositaires de la tradition et du savoir des Gaulois, à la fois éducateurs, juges et prêtres. Ce rocher n’est pas seul. Tout autour, la disposition de certaines roches semble avoir été arrangée, d’autres sont creusées de bassins…

Un fantôme hanterait encore les lieux…

La légende rapporte qu’un petit homme eut l’indélicatesse de déplacer une limite de la forêt de Crouzilhac en transportant une de ces bornes. Il fut alors condamné à errer sans jamais pouvoir poser cette lourde pierre qu’il portait sur son dos. Un jour, le châtelain du Mazel l’aurait délivré en l’autorisant à la déposer près du ruisseau des Mazeaux. Le fantôme du trublion hanterait encore les lieux.

PR 040 : 12,8 km au départ du Putting Golf de Tence

 

Marcher dans les pas de la Bête du Gévaudan

C’est ici, à travers des landes de bruyère couvertes de myrtilles et des crêtes granitiques qui embrassent la Margeride, que la terreur de la Bête est encore palpable.
De 1764 à 1767, cette créature indéfinissable ôte la vie d’une centaine de victimes, femmes et enfants essentiellement. Le massacre provient d’un animal bien plus féroce qu’un loup ordinaire. La rumeur d’un loup-garou commence à circuler…

Ceux qui ont réussi à en réchapper décrivent sa vélocité stupéfiante, son regard de diable ou son intelligence digne d’un « gladiateur rusé, gaillard et habile ». Très vite, la Bête devient une affaire d’Etat. Louis XV propose des primes qui attirent une multitude de chasseurs rêvant de faire fortune en Gévaudan. Face aux échecs à répétition, il envoie ses troupes et même son propre garde du corps. Rien y fait, les attaques se perpétuent.

Un loup-garou, une autre espèce non endémique échappée, un tueur en série ?

Le 19 juin 1767, Jean Chastel, un paysan local, abat un énorme animal. Il aurait « une tête hideuse et un manteau rouge, blanc et gris » jamais observé sur un loup auparavant. Dès lors, le massacre cesse…

Téléchargez l’application randonnée Haute-Loire