A Saugues, l’ombre de la bête du Gévaudan plane sur tous les chemins

Un musée fantastique, des chemins de randonnées qui entretiennent le mystère, un gîte qui porte bien son nom, ou encore des sculptures de bois monumentales réalisées avec passion par l’infatigable Jean-Pierre Coniasse… A Saugues, tout ou presque, entretient l’histoire de la célèbre bête du Gévaudan…

1 – Les secrets de Jean-Pierre Coniasse, le sculpteur de bêtes saugain

Grâce à lui, la bête du Gévaudan reprend vie. Voici plus de 25 ans que Jean-Pierre Coniasse entretient la légende. Armé de ses tronçonneuses, le désormais célèbre sculpteur de Saugues, unique en son genre, vient de terminer sa dernière bête. Elle sera installée en lieu et place de l’ancienne : sur le belvédère de la D 589, surplombant le village.

La silhouette est massive, impressionnante. « 10,50 m au lieu de 6,50 m pour l’ancienne ! » Les dents sont acérées, les yeux sont noirs, exorbités. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la nouvelle bête a tout d’un animal féroce. Sanguinaire. Même le bois dans lequel Jean-Pierre Coniasse l’a sculpté semble ne pas avoir été choisi au hasard. « Le sequoia est un bois au cœur rouge », précise-t-il. Comme si la bête avait fait couler le sang sur son pelage…

Le bois de sequoia présente cependant un avantage, et pas des moindre : son espérance de vie. Le sequoia pourrit beaucoup moins vite. « 20 ans au lieu de 10 pour du sapin par exemple… précise-t-il. Celle-ci, ce n’est donc pas moi qui la remplacerai ! »
C’est en effet la troisième bête que Jean-Pierre Coniasse sculpte pour la ville. La première a dominé Saugues de 1995 à 2008. La seconde de 2008 à aujourd’hui. La dernière, et non des moindre, lourde de 15 tonnes, vient tout juste de naître des coups de tronçonneuse, dont lui seul a le secret…
Trois mois qu’il travaille sur ce nouveau projet commandé par la municipalité. Et ce, pour le plus grand plaisir des randonneurs du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, des touristes de passage ou encore des photographes qui sont nombreux à immortaliser ses œuvres sur leur périple à travers Margeride. Car en effet, la bête n’est pas sa seule muse…

« J’ai sculpté une dizaine d’œuvre pour Saugues. Elles sont appréciées des promeneurs, des photographes et ça fait toujours un peu de pub pour le village. » Disséminées sur le chemin de Saint-Jacques, sur la périphérie ou dans le centre bourg… toutes ont un point commun. « Elles évoquent le patrimoine saugain. » Un sabot, une lavandière, un banc, Saint-François-Régis, la Vierge à l’enfant, un châtaigner symbolique…

Continuer de faire vivre les traditions, les légendes et les mythes… Depuis 25 ans que Jean-Pierre Coniasse sculpte le bois, infatigable, voilà au fond ce qui l’anime. Fier aussi, de donner un visage à cette bête qui 200 ans après ses crimes, reste encore, et demeurera à jamais un mystère…

2 – Se faire peur au Musée fantastique de la bête du Gévaudan

Qui n’a jamais aimé se faire peur ? Et pour cela, quoi de plus efficace que de se replonger dans l’histoire de la bête du Gévaudan qui de 1764 à 1767 a tué et dévoré plus de 100 personnes… C’est ce que propose le Musée fantastique de la bête de Saugues. Pour le trouver, rien de plus simple ! Il suffit de suivre les empreintes du monstre dans le cœur de ville. C’est là, dans une ruelle étroite, face à l’imposante Tour des anglais que se trouve la tanière de la bête…

Un parcours sur quatre étages riche de 22 saynètes en plâtre sculptées à la main par Blandine Gires, la gardienne des lieux et son père, Lucien Gires, décédé en 2002. Un musée, qui grâce à ses dédales de couloirs obscurs, ses sons et lumières, replonge les visiteurs dans une terrifiante traque. Celle de la bête du Gévaudan, comme si vous y étiez ! Frissons garantis.

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Maison de la Bête du Gévaudan

3 – Marcher sur les traces de la bête dans une randonnée mystérieuse

Nombreux sont les chemins qui traversent la Margeride sur les traces de la bête… Des sentiers sauvages entre landes et bruyères, coiffés de crêtes granitiques où la vue embrasse le Gévaudan. Là, durant 3 ans, au milieu du 18e siècle, rodait une créature indéfinissable qui ôta la vie d’une centaine de femmes et enfants. Un animal bien plus féroce qu’un loup ordinaire…
Sur les PR 672, et 642 depuis le Domaine du Sauvage, ou encore sur le GR 65 à travers la Margeride, la terreur de la bête est encore palpable… Oserez-vous marcher hors des sentiers battus ?

4 – Un repos bien mérité au domaine du Sauvage à Chanaleilles

Le Domaine du Sauvage. Les randonneurs adorent cet endroit reculé, au calme, perdu au milieu de nulle part…
Au cours de leur périple, les marcheurs éreintés pourront toujours profiter d’un bon repas à l’Auberge et d’une nuit de répit dans un des deux gîtes du Domaine du Sauvages. Ces derniers portent de doux noms de fleurs du plateau : le gîte « Jonquille » de 21 places et le gîtes « Narcisse » de 20 places.
« Et mieux vaut réserver à l’avance ! » conseille Eliane Chausse, salariée au Domaine du Sauvage depuis 1979. Car les étés, « il n’y a pas assez de place pour tout le monde ! »

Dès le 1er avril et jusqu’au 1er novembre, en plus de l’Auberge du Sauvage et sa grosse centaine de couverts, la boutique Terroir en Gévaudan, ouvre ses portes aux visiteurs et propose des produits de la ferme, pour le plus grand plaisir des marcheurs et gens de passage. L’occasion de goûter au savoir-faire local : des charcuteries, fromages, yaourts, miel, glaces, apéritifs et autres confitures confectionnés par la trentaine d’agriculteurs qui se sont associés pour gérer le site du Sauvage. De quoi ravir les papilles de chacun !